Au début du 20ème siècle, le village est ainsi décrit: “Deux lignes de maisons, la plupart de bonne apparence bourgeoise, aboutissant à une pente si raide entre les deux montagnes, que si l’on ne voyait des lacets qui la rayent, on croirait que c’est la fin, le terminus de la vallée de la Maurienne.” Ceci est confirmé par la configuration de la vallée, relativement rectiligne depuis Modane lorsque l’on empruntait la rive gauche de l’Arc, mais coupée de l’accès à Lanslebourg par le «Bario» (barrière rocheuse), verrou glaciaire de confluence, Termignon étant situé au confluent de l’Arc et du torrent Doron.

A une époque ancienne et jusqu’à la création de la route actuelle au début du 19ème s, cet obstacle ne facilitait pas le déplacement des voyageurs se rendant en Piémont par le col du Mont Cenis, bien que dès la fin du 17ème s. un chemin y ait été aménagé.

Aussi certains voyageurs décidaient de faire étape au village et durant des siècles, les activités des “Trémionains” furent liées au passage. Muletiers, artisans charrons et maréchaux-ferrants, aubergistes (auberges des Trois Rois, de l’Ecu de France, de la Croix Blanche…) étaient nombreux à Termignon.

Si les activités liées au passage occupaient la plupart des habitants, certains d’entre eux excellèrent dans le domaine artistique, en particulier dans celui de la sculpture sur bois.

Chapelle de la Visitation hiver

Termignon possède un patrimoine religieux remarquable que l’on peut découvrir dans la chapelle de la Visitation (Notre Dame du Poivre) et dans l’église paroissiale.

 

 

 

Aux 17è et 18è s. des sculpteurs du village, Claude et Jean Rey, Sébastien Rosaz, Bernard Flandin réalisèrent de splendides retables de style baroque, en pin cembro polychrome et doré à la feuille.

Chapelle de la Visitation, connue aussi sous le nom de Chapelle

La tradition artistique se perpétua jusqu’à une époque récente avec une œuvre connue bien au-delà de la Savoie: le monument aux morts surnommé “la Pleureuse”. Tous ceux qui traversent la Haute Maurienne remarquent ce monument si différent de ceux qui ont été érigés après la guerre de 1914-1918. Ici, c’est une mère, une épouse qui pleure son fils et son époux disparus. La douleur exprimée sans emphase, avec dignité, par le simple geste de la main sur le visage, nous rend cette femme proche, par l’émotion qu’elle suscite.

pleureuse

Le sculpteur auteur de cette oeuvre, Luc Jaggi Couvert (1887-1976) né à Genève, était un “enfant du pays” par sa mère.

Si de nos jours la “Pleureuse” est indissociable du patrimoine historique et culturel de la Haute Maurienne, c’est aussi parce qu’elle est représentée en costume traditionnel porté dans presque tous les villages, de Modane à Bonneval sur Arc.

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais depuis des temps immémoriaux, l’activité principale des habitants est l’élevage et la fabrication du fromage (gruyère, tomme, bleu).

Bleu de Termignon entamÇ

Les alpages, 6000 ha, constituent une part importante du territoire de la commune ((la 3ème de France pour son étendue). Ils sont en majorité situés dans le secteur d’Entre deux Eaux où passait autrefois le chemin muletier reliant Termignon à Pralognan par le col de la Vanoise.

Entre Deux Eaux Grande casse ÇtÇ

Ce col était emprunté par ceux qui transportaient le sel et les fromages de Tarentaise acheminés ensuite en Piémont par le col du Mont Cenis. Des habitants de Termignon étaient autrefois spécialisés dans le négoce de fromages venant de l’autre vallée mais surtout fabriqués sur place et stockés dans des entrepôts du bourg. Ils constituaient une part importante des revenus des montagnards. L’exploitation des alpages est aujourd’hui une facette importante de l’économie de Termignon.

Activité pastorale et touristique vivent en harmonie dans un environnement exceptionnel qui constitue le cœur du Parc national de la Vanoise.

Rural scene at 2,246 m (7,340 feet) in front of the Vanoise national park glaciers

Les randonneurs qui passent le col de la Vanoise on remplacé les marchands, mais ont été précédés à la fin du 19ème s par un voyageur important. Début août 1897, Félix Faure Président de la République fit un voyage dans le sud-est. Durant quatre jours, il supervisa les manœuvres des Chasseurs Alpins sur la frontière en Haute Maurienne, avant de gagner la Tarentaise par le col de la Vanoise.

Ces journées passées en montagne vaudront à Félix Faure la réputation d’alpiniste émérite. Son nom sera donné au refuge construit au col de la Vanoise en 1901. Le refuge du Col de la Vanoise (anciennement refuge Félix Faure) est très fréquenté par les alpinistes qui gravissent la Grande Casse (3852 m).

Refuge d'Entre deux Eaux. À g. la Grande Casse. (PNV CP) | Vu de l'ancienne Route

Si le Replat des Canons fut un site militaire important dès le 18ème siècle, il est depuis 1990 intégré à la station de sports d’hiver et d’été. C’est l’occasion de découvrir une très belle forêt de pins cembro et d’admirer entre autres sommets de la Maurienne, la Dent Parrachée, le Dôme de Chasseforêt ainsi que les glaciers de la Vanoise.